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Cupidon et la flèche de l’amour cupide

Cupidon

Pour la journée internationale des Femmes

8 mars 1992

L’Histoire a toujours été élaborée et écrite par le dominant. Il a noté ses versions selon sa vision, omis des chapitres suivant ses aspirations de maître et de conquérant. Toute l’aventure de la femme a été machinée par les hommes. Son histoire est une longue tradition de dépendance, de résignation et de soumission. C’est par l’absurdité de son éducation maritale que l’homme l’a assujettie à l’infériorité. Elle a acquis sa dignité d’être par son travail et par sa persévérance. Par ce gain, elle a fait éclater la collectivité hiérarchique des mâles. Depuis, nous sommes dans l’antichambre d’une société humaniste. La femme a obtenu, en principe, l’égalité des droits. Elle a gagné un nouveau statut social et politique. La question n’est plus de savoir si elle est égale, mais de reconnaître qu’elle est une alliée vitale. Lorsque l’on parle de la victime féminine, on s’adresse à la demie de l’univers humain. La femme est et sera toujours la source de nos vies. Elle n’est pas un « il », elle est bien « elle ». Rectifions l’Histoire et ses injustices, avouons nos torts et redressons nos erreurs. Permettons aux autres d’être ce qu’ils sont.

Fleche vers le bas

La petite histoire de l’inégalité des femmes

Moyen Âge

La femme est dans l’absolue dépendance du père et du mari.
Elle fait partie intégrante des biens meubles.

1545

En France, on a signalé pour la première fois
la présence d’une femme sur scène.

18e siècle

La jeune fille ne reçoit qu’une éducation
sommaire ; elle est mariée ou placée
au couvent sans qu’on la consulte.

1744

Publication de la Controverse
sur l’âme de la femme.

1791

Olympe de Gouges publie la Déclaration
des droits de la femme
et de la citoyenne.

1792

En Angleterre, Mary Wollstonecraft
est la pionnière de l’action féministe.

1826

Proudhon publie Pornocratie ou la
femme dans les temps modernes.
(Il évaluait sa valeur à 8/27
de celle des hommes)

1874

On interdit aux mineures le travail
de nuit et aux femmes de plus de
vingt et un ans le travail souterrain dans
les mines et les carrières.

1879

Le congrès socialiste français
proclame l’égalité des sexes.

1893

En Angleterre, la femme accède
au droit de propriété.

1897

On passe une loi qui permet à la femme
d’être témoin dans les actes des
tribunaux, mais une doctoresse en droit
qui prétend s’inscrire au barreau
est déboutée de sa demande.

1907

En France, la femme accède au droit
de disposer librement de son salaire.

1920

Le Congrès fédéral des États-Unis
accorde le droit de vote aux femmes.

1923

En Angleterre, la femme accède à l’égalité
des droits des conjoints en matière
d’adultère. (Loi du double standard)

1928

En Angleterre, on accorde le
droit de vote aux femmes.

1933

Dix-neuf Républiques américaines
signent la convention accordant
aux femmes l’égalité des droits.

1945

La Française acquiert ses droits
politiques, la France est le trente-sixième
État du monde à accorder le droit
politique aux femmes.

1948

La Déclaration universelle des droits
de l’homme a solennellement reconnu
qu’hommes et femmes doivent
jouir des mêmes droits.

mars 1949

Suite aux dangers de l’accouchement,
on a décrété en Angleterre que l’emploi de certaines
méthodes d’anesthésie était obligatoire.

1970

En France, on remplace le concept d’autorité
paternelle par celui d’autorité parentale.

7 février 1971

En Suisse, on accorde le droit de vote aux femmes.

Femmes, que vous êtes belles !
à Marie Sklodowska

À la découverte de vos essences,
À l’embrun du désir et des passions,
Je suis à écouter le bouillon verbiage des sorcières.
Ce n’est pas en secouant la poussière
Des codes et des conventions,
Pris dans un cœur d’intellect, de morale et de misères
Que nous redresserons
Cette frêle et précaire condition.

À l’édification de ce monde,
Elles seules portent les pierres.
Filles d’Ève, pièges de Satan, jouets des hommes,
Elles enfantent, elles procréent ; ces nourricières
Édifient, commandent l’être que nous sommes.

Ce soir, je me sens seul, révolté
Devant mon impuissance.
Tel un poids, l’Histoire m’écrase, je la recense.
Ce soir la mélancolie m’envahit l’esprit.
Pardon, le dominateur préserve sa tyrannie.
Je revois les drames, je comprends votre ire.
Combien de mots devrais-je vous dire
Pour l’apaiser,
Moi, qui ne sais pas être, ni même moi ?

Au souvenir du labeur des faibles, à leurs pleurs
Aux confins de vos ancestrales douleurs,
Je pense aux rencontres qui débutent,
À l’union qui trébuche,
Et je m’apeure.

Femmes, oublions
Et allons là-bas vivre ensemble
Au pays éternel des astres de la nuit.
Et voir la lune qui s’attriste à chacune de nos peines.
Là où rien ne prouve que “ je t’aime ” soit un mensonge.

Et de vous, émeraudes et perles ; je ferai chapelet,
De chacun de nos mots, de nos dires
De nos faires ; des rimes
De nos désirs, de nos passions ;
Nous bâtirons la Vie.

Aux jeux des plaisirs, à la rencontre des désirs
J’attends, patiemment
Quels que soient le jour, la nuit,
Le songe, inlassablement
Je crois en notre avenir.

Femmes, vous êtes belles
Dans ce monde de relations,
Dans ce trait d’union
Qui dit, je t’aime.

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