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Les notions de bouillon et de milieu de culture

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On a souvent parlé et l’on entend encore l’idée que ce qui différencie l’humain du monde animal est la bestialité alors que celui-ci a une qualité intrinsèque à sa nature qualifiée de métaphysique pour ne pas dire de divine. On a longtemps opposé et l’on oppose toujours ces deux concepts pour justifier ce qui correspondait à des valeurs de bien et de mal, ce dernier terme n’appartenant qu’au côté animal de la nature humaine. Or à l’analyse plus pointilleuse des choses, on s’aperçoit que cette façon d’expliquer les choses est erronée. On le réalise en regardant plus attentivement le monde animal et encore plus le végétal. Et ce l’est encore plus lorsque l’on regarde attentivement les relations entre les mères et leurs progénitures. On s’aperçoit aisément que toutes les mères sont attachées à leurs enfants, qu’elles les nourrissent, les instruisent et les protègent. On constate qu’elles en sont jalouses et qu’uniquement chez l’humain qu’elles les partagent. Partout, on constate que les jeunots s’amusent avec les proches, s’inventent des jeux et que celui-ci est souvent la source de bien des apprentissages. Partout, ils jouent avec leur famille et ils se font des amis. De plus, ils sont tous ignorants des dangers un peu comme on est crédule ou naïf. Ils naissent tous sans savoir et ils l’accumulent au fait des expériences de leur milieu géographique, culturel et social. Qu’ils ont tous des formes d’apprentissage différent et qu’ils développent leur propre culture ! En regardant bien, on constate que tout le vivant a des quotidiens bien similaires et que les millions d’années passées n’y ont pratiquement rien changé, sinon que l’on utilise des toilettes, des ustensiles et que l’on pratique une plus grande hygiène, mais cela est vrai pour quelques centaines de millions d’entre nous. Tous les êtres vivants et plus particulièrement l’humain sont dès leur naissance repiqués dans le bouillon de culture de leur milieu géographique et social. Ils sont tous similaires à un microbe que l’on y place. Mais cette fois, ce n’est pas pour en contrôler la croissance, mais pour son développement psychologique. Mais tous n’ont pas le même milieu de culture et seulement l’humain en a modifié considérablement les caractéristiques. Il a toujours appris d’un bouillon culturel et social fabriqué par son langage ou tous les mots de son vocabulaire l’alimentent. Même si tout le vivant nait dans un bouillon de culture, seul l’humain y progresse au rythme de son langage. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que physiologiquement tout le monde vivant que l’on connait n’a pas changé durant les deux millions d’années qui se sont écoulées et que l’évolution adaptative suivant ma conception de la théorie de Darwin se fait sur une période beaucoup plus longue. Ce que l’on a constaté durant ce temps, c’est que le vivant s’adapte au milieu changeant et il en est de même pour l’humain. Non seulement physiquement, il reste toujours le même pendant tous ces millions d’années, mais il se modèle au fait de sa progression culturelle et sociale. Aussi il est grand temps d’apprendre que ce bouillon de culture doit être règlementé et que la fabrication d’enfant-soldat, d’idéologies n’ayant aucun respect des femmes et de la vie, le racisme, et d’autres croyances destructrices aux services d’économie de servitude ne sont pas des hasards, mais une volonté institutionnelle. Il faut que ces pouvoirs de détermination sur la vie des autres disparaissent au profit du développement d’une autre forme d’identité humaine, une qui respecte tout le vivant. Aussi il faut se soucier de ce bouillon de culture dans lequel nous élevons notre progéniture et admettre que nos orientations et nos croyances ont une réelle incidence sur la réalité sur nos divisions. Il est tout à fait normal, alors que l’on pense être un peuple élu de Dieu, que les autres ne le soient pas et qu’être le fils de Dieu signifie que les autres ne le sont pas. Tous devraient avoir la possibilité d’atteindre leurs limites dans une société respectueuse de l’individualité. Mais attention, l’idée ici n’est pas de faire des fromages ni de reproduire le « Meilleurs des mondes » d’Aldous Huxley.

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L’humain, dès sa naissance, est transplanté dans un bouillon de culture qui lui est propre.

Bref, on ne peut dissocier le langage humain du réservoir de connaissances qu’exige l’usage de ces mots et de leurs signifiants. Après avoir défini la sémantique des mots, c’est-à-dire avoir associé symboliquement une phonétique à une image concrète, cela favorisant l’abstraction du fait de l’absence réelle de l’objet dans la pensée des locuteurs ; après avoir modulé une syntaxe initialement et probablement pour en définir les attributs et par la suite y avoir ajouté une action ; l’humain fabrique des phrases qui deviendront assez rapidement des règles, des vœux, des principes et des traditions, et il bâtit, à partir de cet ensemble, une ethnoculture dans laquelle les générations à venir baigneront tels des microbes dans leur « bouillon de culture ».

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