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L’arbre de la culture cumulative

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Toute la chronologie culturelle de l’épopée humaine, c’est-à-dire les principales étapes de son accumulation culturelle, peut être représentée par une figure symbolique  : l’« Arbre de la culture cumulative ». Grossièrement, les racines s’établiront sur une période de 2,5 millions d’années, son tronc apparaîtra avec l’écriture et l’alphabétisation. C’est alors que son déploiement, ou son ramage explosera avec l’apparition de l’imprimerie, la diffusion des idées plurielles par les livres et la naissance de la lecture pour l’ensemble, cela étant favorisé par la Réforme protestante et l’alphabétisation de la population, tout au moins.

À première vue, il doit être reproduit ainsi : toutes les racines, qui convergent vers un tronc unique qui est l’humanité en développement, représentent toutes les langues et la culture des mots qui leur sont associés. Elles se dirigent toutes vers un autre monde, la culture de l’écrit et de la mémorisation. Ainsi, toute cette partie de l’oralité se transmue dans l’écrit. Le tronc de l’arbre est le système qui accumule ce savoir, le transforme et le réfléchit et, au fur et à mesure de ces étapes, la société et les individus en seront bouleversés. Puis apparaît la culture de la diffusion du savoir au plus grand nombre, c’est-à-dire l’alphabétisation et l’éducation, puis l’explosion, la culture de l’individualité. Aussi, contrairement à tout ce qui fut enseigné, l’histoire de l’humanité sera divisée en trois grandes parties : la culture orale, la culture de l’écrit, de la mémorisation et des spécialisations et la culture kaléidoscopique de l’individualité. Certaines de ces sociétés ne dépasseront pas la phase de l’oralité et disparaîtront au cours de l’histoire, d’autres y vivent encore alors que l’humain lui-même sera un spectateur de ce grand dénouement, n’étant en rien transformé autrement que culturellement.

Comme décrit, je considère trois grandes phases dans l’évolution de la culture humaine. Dans mon « Arbre de la culture cumulative », sa première période et sa plus longue, que j’ai préalablement désignée comme étant la culture orale, est aussi celle qui construit et élabore la culture du collectif. En cette période, et tout au long de la suivante, l’individu n’est qu’un nombre dans un groupe. Et tout comme l’image des racines qui s’unissent au tronc, le groupe devient de plus en plus compact. Il s’uniformise et se standardise graduellement. Puis, il y a approximativement moins de cinq cents ans, il apparaît et prend son envol dans la culture individuelle, ou la culture de la personne.

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Avec la Réforme protestante, la disponibilité des livres et autres écrits profanes, à la suite de l’invention de l’imprimerie et de l’éducation de plus en plus accessible, l’individualité s’éveille en dehors de l’élitisme. Des changements se répandent dans le monde des bienpensants. Les notions de méthode scientifique et l’esprit critique prennent forme alors qu’ils sont alimentés du doute. Suivent la conquête des Amériques et le questionnement idéologique venu du Nouveau Monde, le siècle des Lumières et de nombreuses révolutions. Graduellement, le pouvoir établi, jusqu’alors monarchique, absolu et autocratique, s’effrite et s’effondre. Il se transforme en des dictatures militarisées ou policières alors que la démocratie prend vie. C’est uniquement à partir de ce moment que le pouvoir politique passe dans les mains d’un plus grand nombre, donne une possibilité d’accès à une éducation plus large pour tous et parachève l’alphabétisation. Avec l’invention du «smartphone» et de l’«Internet», la culture globale, ou plutôt une prise de conscience globale se mondialisent.

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